François Chidaine est né à Montlouis-sur-Loire et a commencé dans le domaine familial avant de s’installer à son compte en 1989 avec quelques hectares. Le domaine grandit ensuite par étapes : 17 hectares en 1999, l’arrivée de Manuéla Chidaine au tournant des années 2000, puis le développement à Vouvray dans la décennie 2000 et en Touraine à partir de 2006. Cette trajectoire raconte bien le style Chidaine : une croissance patiente, fondée sur le terrain, sans perdre le lien avec son berceau ligérien. La RVF voit d’ailleurs en lui l’un de ceux qui ont révélé Montlouis et l’un des acteurs majeurs des blancs de Loire.
Le domaine travaille aujourd’hui 25 hectares à Montlouis, 10 hectares à Vouvray et 15 hectares en Touraine. Les vignes sont conduites en agriculture biologique depuis 1992, certifiées en biodynamie depuis 1999, avec une attention forte portée à la conservation des sols, aux semis végétaux, à la biodiversité et à l’écopâturage. À Montlouis, le chenin s’enracine sur des sols d’argiles à silex et d’argilo-calcaires, avec le tuffeau en profondeur ; à Vouvray, la lecture parcellaire reste tout aussi décisive. Les vendanges sont manuelles, avec tris successifs, puis les raisins sont pressés lentement. Les fermentations se font en levures indigènes, en demi-muids de 620 litres, parfois sur des durées longues ; la malo n’est pas recherchée et l’élevage se poursuit sur lies totales, en général six à huit mois. C’est une vinification sobre, très tenue, pensée pour laisser parler chaque parcelle plus que pour imprimer une recette de cave.
Chez Chidaine, le chenin règne en maître et se décline du brut nature au liquoreux, avec une gamme qui va des cuvées d’assemblage aux lieux-dits les plus identitaires. À Montlouis, on retrouve notamment Clos du Breuil, Les Choisilles, Les Bournais, Clos Habert, Les Tuffeaux ou Les Épinays ; côté Vouvray, Les Argiles, Baudoin ou Bouchet prolongent cette approche parcellaire, même si ces vins restent aujourd’hui commercialisés en Vin de France en raison de leur lieu de vinification. Le style de la maison est très lisible : des blancs droits, profonds, étirés, qui misent moins sur l’effet immédiat que sur l’éclat du fruit, la précision de texture et la capacité à se révéler avec le temps. La RVF insiste sur ce point : ce sont des vins qui demandent souvent quelques années de cave pour livrer pleinement leur raffinement. Pour Vinalia, c’est exactement ce qui les rend si attachants : des chenins de vraie personnalité, à la fois lumineux, complexes et taillés pour durer.