Formée au domaine Gauby notamment,Brunnhilde Claux signe à Courbissac des vins fantastiques. Les vieilles vignes, les calcaires et les marnes du Minervois leur donnent profondeur, finesse et tenue dans le temps. La reconnaissance grandit, les prix restent encore sages. C’est sans doute là tout l’intérêt d’en mettre quelques bouteilles en cave aujourd’hui.
L’histoire moderne de Courbissac commence en 2002 avec Reinhard Brundig, producteur de cinéma allemand tombé sous le charme de cette propriété située à Cesseras, dans l’ouest du Minervois. Il restaure la cave et entreprend un travail plus précis sur les différentes parcelles. Brunnhilde Claux arrive en 2013 et donne au domaine son orientation actuelle, après un parcours passé notamment par le Priorat catalan et le Roussillon. Le vignoble s’étend sur différents coteaux où alternent argiles, calcaires et marnes, avec des parcelles situées entre environ 250 et 400 mètres d’altitude. Ce relief et cette diversité de sols permettent de dépasser l’image d’un Minervois uniquement solaire. Courbissac possède surtout un patrimoine végétal remarquable : Grenache, Carignan, Cinsault, Syrah et Mourvèdre côtoient Listan, Terret Gris, Marsanne, Muscat et Grenache Gris. Les Farradjales provient ainsi d’un Cinsault de 70 ans planté sur marnes calcaires à 400 mètres, tandis que les vieux Listan et Terret Gris des Traverses Blanc racontent une facette beaucoup plus rare du vignoble languedocien.
Brunnhilde Claux privilégie une approche peu interventionniste et adapte la vinification à chaque parcelle plutôt que d’appliquer une recette à l’ensemble de la gamme. Les fermentations se font avec les levures indigènes, les macérations restent courtes et les extractions particulièrement douces. Sur Les Traverses rouge, Grenache, Syrah et Mourvèdre macèrent seulement neuf à douze jours, sans extraction mécanique, avant six mois d’élevage en cuve béton. Les contenants changent ensuite selon les vins : béton pour préserver l’éclat du fruit, jarres de terre cuite pour Les Farradjales, cuve ovoïde en béton pour L’Orange. Cette dernière, issue notamment de Marsanne, Muscat et Grenache Gris, est elle aussi vinifiée par macération douce avant de poursuivre son élevage six mois. Cette liberté dans le choix des contenants résume assez bien la démarche de Courbissac : la technique reste au service du cépage et du lieu, jamais l’inverse.
Les vins de Courbissac ont la maturité du Minervois, avec une recherche évidente d’équilibre et de toucher. Les Traverses en offre la lecture la plus immédiate, autour du Grenache, de la Syrah et du Mourvèdre, avec un fruit franc et une matière souple. Les Farradjales montre un tout autre registre : un Cinsault septuagénaire élevé en jarre, plus délicat et épicé. Roc du Pière et Roc Suzadou constituent le cœur des cuvées à suivre en cave, avec davantage de profondeur et de structure. Les blancs et L’Orange complètent le tableau en faisant revivre des cépages méditerranéens moins attendus. C’est cette diversité qui rend Courbissac passionnant : Brunnhilde Claux ne cherche pas à imposer un style unique à ses vins, elle laisse chaque parcelle prendre sa place. Une gamme cohérente, singulière et encore proposée à des tarifs qui permettent de découvrir le domaine autant que de commencer à le suivre sur plusieurs millésimes.
Reinhard Brundig reprend Courbissac et fait renaître le domaine.
Brunnhilde Claux rejoint Courbissac et imprime peu à peu sa signature aux vins.
hectares
de vignes cultivées en agriculture biologique autour de Cesseras.
ans
pour les plus vieilles vignes, notamment certains Grenaches de Roc Suzadou.