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Quand Marie-Antoinette inventait le métier de coureur de vin, un service royal étonnant

porteur de vin

Si l’on vous demande de citer un métier du XVIIIe siècle, vous penserez peut-être à un boulanger, un cordonnier, ou pourquoi pas un musicien de cour. Mais « coureur de vin » ? Oui, vous avez bien lu. Marie-Antoinette, reine à l’imagination fertile, décida en 1784 de créer cette fonction toute particulière. Alors, que faisait un coureur de vin ? Spoiler : il ne courait pas vraiment avec des bouteilles.

Un « running gag » royal

Le coureur de vin, c’est un peu l'équivalent d'un intendant des plaisirs royaux, toujours prêt à subvenir aux envies gustatives de la reine. Son rôle ? Accompagner Marie-Antoinette lors de ses déplacements avec un flacon de vin, du pain, et quelques victuailles. Le tout bien emballé dans une élégante serviette, prêt à répondre à toute fringale royale. Ce poste, bien que prestigieux, était rarement mis à contribution, car la reine préférait souvent rester à Versailles plutôt que de suivre son époux à travers bois pour des parties de chasse.

Mais attention, ce n’était pas un métier pour n’importe qui ! Le coureur de vin était nommé par la reine elle-même, avec un brevet royal signé de sa main. D’ailleurs, l’un des premiers coureurs, Charles Pelletier, a été promu suite au décès de son prédécesseur. Rien que ça ! Autant dire qu’être coureur de vin, c’était un poste honorifique, avec tous les privilèges qui allaient avec.

Le prestige de l’inutilité

Si l’utilité réelle des coureurs de vin peut prêter à sourire aujourd’hui, elle faisait partie de cette grande mise en scène qu’était la vie à Versailles. Le château n’était pas seulement un lieu de résidence, mais un véritable théâtre où chaque membre du personnel jouait son rôle, du plus modeste domestique au plus noble courtisan. Les coureurs de vin faisaient partie de cette classe d’« utilités », ces rôles discrets mais indispensables à l'image du faste royal.

Et à Versailles, tout devait être orchestré à la perfection. Marie-Antoinette, à travers la création de ce métier, ne faisait que perpétuer cette tradition d’excès où chaque besoin, même le plus improbable, devait être anticipé. La reine avait quatre coureurs de vin, pour ne pas risquer la pénurie en cas de déplacement. Après tout, un déjeuner improvisé sans vin ? Impensable !

Quand le vin sert aussi à briller en société

La création de ce poste avait aussi un objectif bien moins anecdotique : montrer l'appartenance de la reine à la plus haute noblesse. Le vin, symbole de richesse et de raffinement, accompagnait Marie-Antoinette comme une extension de son pouvoir et de son statut. N’oublions pas que la cour de Versailles était un monde où tout était fait pour impressionner. Même si la reine n’avait que rarement besoin de ses coureurs de vin, leur présence renvoyait l’image d’un luxe permanent et d’une souveraine toujours entourée de confort.

Alors oui, aujourd’hui, le métier de coureur de vin pourrait sembler futile, mais à l’époque, c’était une véritable démonstration de pouvoir. Et puis, qui n’a jamais rêvé d’avoir quelqu’un à portée de main pour apporter un bon verre de vin à la moindre envie ?

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Commentaires (1)

RGP

Bonjour, votre article est très intéressant, seulement il est partiellement faux.
Ce métier n'a pas été inventé de toute pièce par Marie-Antoinette en 1784 mais il existait bel et bien autrefois. J'en tiens pour preuve, un acte de mariage d'un de mes aïeux qui était coureur de vin de la bouche de la Reine en 1671 (soit sous Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche).

Bien à vous,
RGP

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